P.D.S une histoire

By jeangeoffroy • • 1 août 2016

Percussions de Strasbourg / Un nouveau départ

Tout a commencé en 1959, lorsque Pierre Boulez fut invité à diriger son œuvre Le Visage nuptial à Strasbourg. Pour former le vaste pupitre de percussions dont il avait besoin, on réunit les musiciens des deux formations locales – l’Orchestre municipal et celui de l’ORTF. Les six jeunes musiciens – Bernard Balet, Jean Batigne, Lucien Droeller, Jean-Paul Finkbeiner, Claude Ricou et Georges Van Gucht – animés par une même énergie novatrice et audacieuse et soudés par une forte amitié, décident alors de fonder ensemble une formation de percussions : répertoire, choix des instruments, tout était à inventer… Jean Batigne présente le projet à Pierre Boulez pour qu’il l’aide à en trouver le nom : le « Groupe Instrumental à Percussion » deviendra par la suite « Les Percussions de Strasbourg ».

Le premier concert se donne à l’ORTF le 17 janvier 1962, en la présence du Français Serge Nigg. Très vite, la formation inspire l’écriture d’un nouveau répertoire par des compositeurs tels que Messiaen, Stockhausen, Serocki, Kabelac, Ohana, Xenakis, Mâche ou Dufourt… Comme le dira Pierre Boulez par la suite : « Un répertoire était nécessaire pour le Groupe mais le Groupe a rendu le répertoire nécessaire. »

En 1967, les six percussionnistes interprètent Ionisation de Varèse, avec l’accord du compositeur et grâce à l’intervention de Boulez auprès de lui, alors que la partition exige la participation de … treize percussionnistes. Là où l’on aurait pu voir la relève d’un défi, c’est la maîtrise musicale et le brio scénique qui s’imposent : l’interprétation est un succès et ouvre sa voie à un « groupe de genre » qui n’eut jamais de précédent.

Dès lors, les Percussions de Strasbourg ne cesseront de créer et d’innover sans relâche et tourneront dans le monde entier, participant aux plus grands festivals internationaux, de Berlin à Osaka, de Persépolis à Sydney, en passant par Royan, Donaueschingen, Edimbourg, Athènes, Israël, Sao Paulo, New York, Montréal, etc.

Grâce à leurs nombreux voyages et une forte complicité avec les compositeurs, ils contribuent aussi activement à la recherche sonore et à l’invention de nouveaux instruments, tel le sixxen conçu par Xénakis.

Cinquante ans après, le groupe continue à innover. Après avoir donné plus de 1600 concerts dans 70 pays depuis ses débuts, avoir un répertoire de plus de 300 œuvres inédites écrites pour eux, un instrumentarium unique au monde avec plus de 500 instruments, plus de 30 disques et de nombreux autres enregistrements, une trentaine de prix internationaux… de nouvelles perspectives se développent dans différentes directions et esthétiques. Suite à la nomination de Jean Geoffroy au poste de directeur artistique, les projets de l’ensemble se diversifient. N’hésitant pas à se mettre en scène avec de nouveaux artistes, créateurs, interprètes, circaciens, venus de différents horizons musicaux, les Percussions de Strasbourg entendent bien poursuivre cette aventure unique, basée avant tout sur les rencontres avec des créateurs, et prolonger ainsi le pont entre le répertoire « historique » qu’ils ont créé, et les nouveaux espaces artistiques, les chemins de traverse qu’il reste à découvrir, investir et à partager…